De la danse et d’autres considérations

J’ai enfin trouvé le sport qui me convient, enfin … et j’en ai essayé des sports, entre la salle de gym où je me traîne à contre cœur, les courts de tennis où c’est l’organisation avec les partenaires qui tombe toujours à l’eau, le vélo aux aléas du mauvais temps, le basket-ball dont un genou en mauvaise état me prive … il n’y a probablement que les sports de combat que je n’ai pas essayé et encore, j’ai pris un cours (et un seul) de Kick-boxing et j’ai démissionné lorsque le professeur (bogoss de son état) me dit de son ton le plus sérieux en écrasant ma mains dans sa géante pince : il faut serrer comme ça et imaginer que tu donne le coup exactement sous le thorax de la personne, c’est là où ça fait mal… mon sourire niais retenait mon fou rire, moi je ne voulais faire de mal à personne et surtout, surtout il était hors de question que qui que ce soit me fasse mal ne serait ce qu’en m’effleurant… ma très chère amie qui me traina dans cet asile de fou (ceinture noire de karaté et dont je suspecte des tendances sado-mazo vus les coups encaissés et données dont elle se délecte) me traita de tous les noms : espèce de niais niais qu’elle me dit (je sais bien que ce n’est pas un nom mais ça veux tout dire). Mon histoire avec les sports de combat pris donc fin ce jour là…

Mais ne nous égarons pas, je suis ici pour vous parler de ce qui me convient comme sport et je vous le dit en bloque … je me suis inscrite à un cours de danse orientale. Voilà c’est dit…Danse orientale, rien que ça, je pourrais bientôt me prendre pour Samya Gamal (les autres ne me disent pas grand-chose et tant qu’à rêver, visons haut).

Vous pourriez penser que toute l’expérience acquise lors de tous ces mariages, baptêmes, fêtes de toutes sorte ou juste ces soirées de fous où tout le monde y met du sien en contorsions à tout va, préparent un tantinet à bruler les étapes vers le Gamalisme (da Samia et non de Nasser vous l’auriez compris), et non détrompez vous, l’art de la danse orientale est le bien nommé et exige de la technique (rien que ça) de la maitrise et de la discipline : je ne suis pas sortie de l’auberge (ou de la Kasbah c’est selon)…

Chaque mouvement a un nom : entre le wahda we noss (le un et demi à ne pas confondre avec les appartements portant le même nom), le Chameau, la Shimmy, le Huit, la Vague…et chaque mouvement doit être maîtrisé, fait et refait, décliné, associé, renversé et j’en passe… de quoi se perdre et perdre la tête… la mienne en tout cas, car de l’avis de ma prof c’est elle qui ne suit pas… mais c’est parce qu’elle a ses raisons, imaginez donc : elle qui ne s’est jamais mêlé de toutes ses histoires, elle qui lors de séances défouloires, ne fait qu’écouter la musique laissant le reste au reste, celle là même qu’aujourd’hui on sollicite, ne sait plus où donner du geste… elle doit coordonné ce qu’elle laissait faire, décider du mouvement quand c’est la musique qui en était le maître, coordonner, réfléchir, maîtriser, quand elle ne faisait que s’amuser ou se défouler… elle a du mal, j’ai du mal, mais cela me convient…

Ceci étant il m’arrive de me poser LA question : Pourquoi donc n’avons-nous pas de cours de danse marocaine?… Pourquoi est-ce que cette danse pratiquée par des millions de jeunes, moins jeunes et même carrément très âgées ne serait pas élevée au rang d’art, qu’est ce qui manque? Juste un petit travail de classification des genres, une dénomination claire et universelle des mouvements, un petit ménage dans tout ça en somme, le “hezan el bout” pourra être aussi connu que le wahda we noss, “errekza” finira par s’institutionnaliser, des variations aussi ingénieuses que “el 3oumane” ou “ettilifoun” savamment maniées par tous les dqayqia du royaume ou encore “el moutour” ou “elemeghzel” sortis tout droits de l’imaginaire des doukalis, pourrons désormais s’enseigner au même titre que les acrobaties Gnawis, les petits haussements d’épaules chelhis, ou encore les ondulations des bras sahraoui… Tout cela dans une totale harmonie des genres, dans une fusion sans faille…

Mais qui voudras donc de cette harmonie? j’aime à nous voir comme ce peuple divers, j’aime ce côté foudaoui tapis au fond de chacun de nous, j’aime cette danse en improvisation ou chacun y met du sien, où des tendances l’emportent sur d’autres, où personne ne danse comme son voisin, et chaque moi est seul et unique que ça se voit dans un déhanchement, dans un bras qui prend son envol, dans un regard ou un geste du corps… ce n’est surement pas moi qui irais mette de l’ordre dans un si beau désordre, moi je ne ferais qu’y mettre du mien, et si jamais mes cours m’ajoutent cette fameuse discipline, un retour au sources sauras, je n’en doute pas, la mettre au pas de la fouda, et elle pourras très bien s’ajouter élément de plus dans un tout cacophoniquement harmonieux…

En attendant… j’apprend… et j’adore ça…

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