Khmiss Batata… je m’en viens

L’invitation fut lancé il y a bien longtemps, l’envie d’y aller était pressante, quelques occasions furent ratées, le moment idéal tardait à venir… et puis un jour une décision fut prise, une date fut noté et il ne restait plus qu’à prendre la route…

Je me suis tout d’abord dit que pour ce fabuleux voyage, il me fallait enjamber ma belle mule aux yeux de biche, qu’elle seule pourrait retrouver le chemin, qu’elle seule pourrait me faire voir ses monts et merveilles… mais les rumeurs s’amplifièrent et chacun y alla de ses conseils :

Une personne me dit que pour ce voyage, seule la panthère noire répondant au doux nom de Greyhound pouvait m’amener à bon port, que seuls ses bonds traversent ses rivières, que seuls ses rugissements domptent ses mystères…

Une autre me dit que non et me parla d’au aigle majestueux qui en un battement d’aile arrive sur les plaines de la Batataland, mais que pour le dompter il lui fallait mille et un salamalecs, chacun dans une langue et une centaine de courbettes chacune différente…

Et quand les conseils se multiplièrent et quand tous commencèrent à m’embrouiller, Loula me dit en secret : dans la vallée magique, il y a un gentil gnome, il suffit de l’appeler très fort tout en silence, d’attendre que le soleil encore ensommeillée quitte à peine sa tanière pour qu’il apparaisse comme par magie au pas de notre porte et nous emmène dans son carrosse vitré vers ce long voyage, vers le pays magique, ver Khmiss Batata…

Il paraitrait que Khmiss Batata est une contrée lointaine, il paraitrait que Khmiss Batata est une contrée magique, il paraitrait qu’elle est connue et reconnue, il paraitrait qu’elle inspire les plus beaux écrits, mais surtout on me dit que Batata y pousse à tous les coins de rues, que les arbres en sont garnis et qu’on y trouve même des variété d’une rare beauté, brillantes sous un ciel aux milles étoiles où des oiseaux magiques volent en zigzag battant des ailes pour toute germe nouvelle.

Il paraitrait que pour arriver à Khmiss Batata on traverse une majestueuse rivière gouverné par un loup millénaire à qui les voyageurs se doivent de montrer patte blanche afin qu’il leur lance ses bénédictions du haut de son trône doré…

Il paraîtrait que ces bénédictions leur sont nécessaires pour traverser d’autres contrées sauvages aux noms pleins de mystères, le Kamouraska et ses secrets et toutes les vallées sacrées, certains disent que la contrée du grand saut n’y est pas loin, d’autres préfèrent ne pas sauter…

Mais apparemment c’est à Khmiss Batata que tout se passe, il suffit d’y arriver, de tourner plusieurs fois sur soi même, toujours en commençant par sa gauche, de demander à haute voix où se trouve la maison bleu, celle où vit Loula, Loula la nomade, Loula la herraga, mais qui ne la connaît pas ?

Et quand vous aurez demandé à tout un chacun, hommes et femmes, petits et grands, et même demandé aux chiens, et quand tous vous auront montré le chemin, la maison bleue apparait enfin sous vos yeux et vous saurez que vous êtes bel et bien arrivé…

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