Ceux qui me ressemblent

Mon fils aime beaucoup le Maroc, il dit y voir des visages qui lui ressemblent

Je lisais distraitement affalée sur un sofa, quand cette phrase me fit un drôle d’effet, Je m’y suis longuement arrêté.
Encore une phrase anodine, de ceux qu’on lit dans un magazine féminin de la place…
Je ne suis pas fan de jazz, je ne connais pas cette chanteuse, je remonte quelques paragraphes plus haut pour savoir d’où elle vient : elle est américaine, d’origine malienne, son mari est français, d’origine berbère… le fils en question devrait être un si beau mélange, j’ai toujours aimé les mélange, mais là je m’égare…

Il aime le Maroc pour ses visages qui lui ressemblent, une impression de déjà lus, plusieurs fois même, je ne saurais dire où, mais une idée qui m’avait déjà interpelé, de celles qui vous intriguent, qui ne vous avez jamais effleuré, mais dans lesquels vous trouvez un semblant de réponse, le début de quelque chose qui vous échappait, sans pourtant que ça soit tellement ça… non pas une révélation, mais le bout d’un fil, qui mènera ou ne mènera pas…

Aimer, se sentir bien, se sentir rassuré, sentir qu’on est enfin rentré chez soi… juste par un effet miroir, juste en voyant son propre reflet multiplié à l’infinis, juste en contemplant des visages qui nous rappellent celui qu’on voit en premier chaque jour dans notre glace…

Est-ce que le sens de la communauté n’est autre qu’un besoin de se voir dans les autres? Je sais que c’est réducteur, je sais que je suis bien trop fainéante pour pousser ma réflexion plus loin, je sais que je serais curieuse de voir une explication rationnelle du genre neuroscientifique impliquant des activations de certains recoins d’un lobe ou l’autre d’un cerveau passé sous MRI, je sais aussi que je serais tenté de garder cette idée telle qu’elle : Ils me ressemblent : je suis chez moi.

Mais j’y reviendrais… une autre fois… surement… autrement…

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