Mon Maroc admet-il la critique ?

Il est quelque chose, une façon de penser, de voir les choses, de les analyser que je n’arrive toujours pas à comprendre et que je retrouve très souvent lorsqu’on parle de certaines situations au Maroc, de certaines dénonciations des maux du Maroc… lorsqu’on parle du Maroc.

Il est des choses qui peuvent choquer, il est des réalités qu’on a du mal à accepter, un amour pour ce pays qui sent la pointe de la critique comme une blessure à son inconditionnalité …. des choses somme toute que je peux admettre mais tout de même d’autres que je ne comprends toujours pas.

Je parle de ceux qui se déchaînent sur vous quand vous pointer un défaut, qui vous insulte quand vous dites une réalité, qui essaye de vous salir dès que vous parler de défaillance, de situations choquantes, de tares, de choses indécente … des réalités qui existent bel et bien dans ce plus beau pays du Monde.

Se sentent-ils comme les dignes gardiens d’une réputation à garder même avec le mensonge? Se sentent-ils investis d’une mission divine de sauvegarde des apparences? Pensent-ils sincèrement que lorsqu’on ne parle pas de quelque chose, cette même chose cesse d’exister? Ou encore leurs ouïe chaste ne peux, ne veux, entendre ce que leur cerveau à depuis longtemps refoulé au fin fond de leur mémoire…??

Je les entends ça et là, à corps défendant, portant des jugements et distribuant les blâmes: n’est vrai marocain qu’eux, n’est soucieux du Maroc qu’eux, n’est amoureux de sa terre qu’eux …

Et je me prend à voir le Maroc comme cette actrice vieillissante qui tourna toute sa carrière en noir et blanc, qui toute sa vie durant à vendu à son publique une image de femme fatale, qui, à l’arrivé de la couleur sur les écrans, au passage indéniable du temps, commence à voir ses défauts paraître au grand jour et qui se bat pour les cacher, qui interdit aux réalisateurs de faire des gros plans sur son visage, qui exige la pénombre dans ses scènes, et qui pousse ses agent et manager à contester toute transgression à ses règles strictes, transgressions qu’elle voit comme une atteinte et une déformation de son image glorieuse, une attaque orchestrée par ses rivales jalouse, une tentative de la faire descendre du trône illustre où elle règne sans partage…

Seulement elle a tendance à oublier que cette image n’est que dans sa tête à elle et à elle seule, que personne n’est dupe ni de ses défauts, ni de ses stratagèmes, qu’à force de faux semblants, ses employeurs et son publique même vont se lasser des ses mesquineries, qu’à coup de rouge et de masquant les rides ne font que se creuser plus profonde et surtout, surtout qu’à force de refuser d’accepter ce qu’elle est, elle ratera peut être le rôle de sa vie à vouloir rester cantonner dans de vieux rôles mâchés et remâchés…

Je secoue la tête et je chasse cette image qu’ils m’imposent, car ils ne sont pas tout le Maroc… Mon Maroc est jeune, de cette jeunesse qui peut supporter qu’on la pointe du doigt, parce qu’elle sait qu’elle a du chemin à faire, qu’elle a des tare à guérir, des défauts à redresser, de l’acné à soigner, et que si quelqu’un le traite de boutonneux, il ne devrait pas penser à maudire le doigt qui le pointe mais bien à trouver un bon dermato…

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