Lorsque j’étais une œuvre d’art
Published by Kenza September 27th, 2006 in Mes lectures.
Lorsque j’était une oeuvre d’art
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel - 2002
Le titre même de ce roman est assez intriguant : lorsque j’étais une œuvre d’art, comment est ce que cela peut il se faire? Eric-Emmanuel Schmitt a commis ici un conte, un vrai conte des temps modernes : l’histoire d’un jeune homme complexé par un physique insignifiants, qui, lassé d’une vie sans reconnaissance lui jetant à la face la beauté éblouissante de ses frères ainés, décide d’en finir. La rencontre avec un artiste de génie change la donne, car Zeus-Peter Lama, n’est pas un artiste comme les autres, oh non c’est un génie sans pareil et comme il lui plait bien de le rappeler : sans lui l’humanité ne serait pas ce qu’elle est.
Le marché fut très simple : remet toi s en à moi et je ferais de toi une œuvre d’art. Tentant non!?
L’œuvre d’art fut crée et comme toute œuvre d’art avant-gardiste, elle défiait tout ce qui fut crée avant elle et surtout elle défiait la nature, elle se voulait plus originale, plus intrigante, plus… enfin passons.
Alors le conte commence, celui de la vie d’une œuvre d’art, une œuvre nommée Adam bis, rien que ça!! celui de la vie d’un homme? Est-ce qu’un homme peut muer en œuvre d’art sans perdre son humanité.
On découvre alors comment se crée le bon goût, comment se manipule l’esthétique, comment s’annule l’humanité, comment meure la compassion. On découvre comment peut vivre une œuvre-objet-homme, mais pas n’importe quelle œuvre, une œuvre ratée… mais qui s’en soucis?
Le roman de Schmitt est un roman sur notre modernité, une modernité friande d’apparence, de communication, de média, de sensationnel. Une modernité qui n’accepte de limite, qui ne connaît de règle de moralité que celles qu’elle se crée elle-même. Une modernité qui as oublié le langage du cœur pour adopté celui de Sa raison, de Son intérêt… et au fond Schmitt exagère peut être à peine…
Ce matin en regardant la fameuse chaîne météo, une pub m’a interpellé, peut-être n’a-t-elle rien à avoir avec rien… mais bon… Un petit nouveau né est remis à ses parents, la mère émerveillé le tend fièrement vers son père, elle susurre : n’est-il pas merveilleux?? La caméra s’arrête sur l’air dubitatif du jeune papa, et la voix off annonce : les clients de Chrysler (ou une autre marque je ne me souviens plus) ont des goûts… bien au dessus des autres.
Voici comment se forme donc le goût pour le beau, même si ce beau est la chair de notre chair!!!… heureusement que la pub ne véhicule pas les valeurs de sa société…
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