Censure et publicité

La romancière turque Elif Shafaq est acquittée des charges pour insulte à l’identité nationale, l’auteur d’un roman intitulé Le Père et le Bâtard, évoque dans son livre le génocide arménien, ce qui en Turquie est le plus grand des taboues.

J’ai un peu suivi l’affaire comme avant elle celle d’Orhan Pamuk et de son roman neige avant eux bien d’autres romans qu’on a voulus clouer aux piloris.

Je me suis toujours demandé si les instigateurs de ces procès, des ces censures, des cette haines savent qu’ils nous incitent plus qu’autre chose à vouloir lire à ces gens là? N’est ce pas de cette manière que des milliers de gens ont lu Les versets sataniques de Salman Rushdi, n’est ce que pas ainsi qu’on a ressortie pour mieux l’apprécier La chute de l’imam de Nawal Saadaoui, ou encore Festin pour les algues marines de Haydar Haydar ou bien d’autres encore.

Si les motifs des censeurs divergent (nationalisme, ou religiosité), leurs buts restent les même, préserver la pensée unique, dissuader les écrivains de dépasser les lignes rouges, et peut être aussi, donner l’exemple pour que d’autres ne s’y aventurent pas.

Mais ce que je n’arrive pas à comprendre c’est le raisonnement vis-à-vis des lecteurs. Comment peuvent-ils croire qu’en censurant une œuvre ils tuent en nous l’envie, la curiosité de la lire? Comment peuvent-ils nous prendre pour de simples moutons qui acceptent qu’on décide pour eux de ce qui est bon de ce qu’il ne l’est pas? Aujourd’hui j’ai envie de lire Le père et le bâtard comme j’ai eu envie de lire tous les autres censurés avant lui. C’est ma façon à moi de dire merde, je ne sais pas si ce livre est bon ou non, je n’ai pas forcément aimé tous ceux que j’ai lus pour la même raison, mais au moins c’est moi qui en décide.


0 Responses to “Censure et publicité”

  1. No Comments

Leave a Reply





Mes Photos

www.flickr.com

 

September 2006
M T W T F S S
« Aug   Oct »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930