Indignation quand tu nous prend

Sommes-nous devenus insensibles à la douleur? L’humanité se déshumanise-t-elle? La vue de corps déchiquetés d’enfants et de civils innocents a-t-elle cessé de nous émouvoir? Où alors sommes-nous tout simplement dans l’air du deux poids deux mesures? Nous sommes une humanité sensible oui mais notre sensibilité est sélective. On s’émeut certes pour les malheureuses victimes du terrorisme, ces gens qui nous ressemblent, qui mènent une vie paisible, et qui du jour au lendemain sans s’y attendre, sont victime d’actes barbares qui n’ont rien à faire dans leur monde ordonné. Alors on condamne, on crie notre indignation, on proclame notre colère. On s’émeut aussi pour ces pauvres hères victimes d’une catastrophe naturelle venue les frapper sans crier gare détruisant leur pays, leurs vies et nos espoirs d’y passer des vacances de rêve. Alors nous mettons nos mains à nos poches et nous composons les numéros des téléthons et nous faisons des dons et dormons la conscience tranquille sur nos deux oreilles.

Nous nous émouvons certes pour ces victimes de raids barbares qui ne font de distinctions ni d’enfants ni de vieillards; mais notre sensibilité se sent timide et n’arrive pas à crier gare parce que de qui sommes nous les plus proche, qui nous ressemble le plus? Ces pauvres enfants qui par désespoir, crient leur haine de nous de notre hypocrisie et de notre silence complice, où ceux qui comme nous vivent une vie paisible faite de modernité et de loisirs et sentent la peur de perdre ce confort leur prendre les tripes. Oui c’est eux qui sont comme nous, c’est eux qu’on comprend, c’est eux qui, comble du malheur, ne peuvent plus aller au cinéma, ni arroser leur jardin, ni même faire du roller dans les ruelles de leurs petites vie tranquille. C’est eux qu’on comprend car notre imagination du pire ne peut aller plus loin. Alors on s’indigne doucement mais en leur trouvant des excuses car comme eux on aimerait continuer à regarder nos films, à arroser notre pelouse et à arpenter nos rues paisibles. Alors notre voix devient plus hésitante nos cries moins forts et notre mémoire plus courte. Nous hochons alors la tête d’un geste de désolation, notre bouche grimace, notre voix sort hésitante et nous nous entendons dire que c’est vraiment affreux mais que nos frères dans la modernité ont tout de même le droit de se défendre. Et nous condamnons pèle mêle, la barbarie, l’intégrisme, le terrorisme, les dictatures, l’ignorance… et notre voix reprend courage et elle se fait de plus en plus forte et notre conscience s’apaise et le sentiment du devoir bien fait nous met du baume sur le cœur et nous nous en allons vers notre petite vie paisible avec notre sensibilité au meilleur de sa forme.


2 Responses to “Indignation quand tu nous prend”

  1. 1 Hmida

    Permettez-moi de joindre ma voix à la votre pour crier l’indignation des hommes et des femmes face à ce qui arrive en Palestine et au Liban!

    Bien que certains soient septique quant à l’efficacité de la “solidartié cybernétique”, je crois que nos interventions sur nos blogs respectifs ne peut qu’avoir une influence, aussi minine soit-elle, sur le moral de nos amis pasltiniens et libanais.

    Si des israéliens nous lisent, qu’ils le disent!

    La douleur n’est pas le monopole d’un peuple à l’exclusion d’un autre!

  2. 2 Kenza

    Merci hmida

    Effectivement, même si parler peut sembler vain, je pense que se taire c’est mourir.

Leave a Reply





Mes Photos

www.flickr.com

 

July 2006
M T W T F S S
« Mar   Aug »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31